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Dans l’Evangile d’aujourd’hui, le Christ nous adresse un appel qui va droit à l’essentiel : notre relation avec Dieu ne se vit pas seulement avec des paroles ou quelques pratiques extérieures, mais elle engage tout notre être, Jésus dit : notre cœur.
Nous avons confiance dans le fait que l’Esprit Saint veut nous donner jour après jour un cœur qui écoute, qui est réceptif, qui se laisse toucher et transformer par Dieu. Un cœur qui n’est pas loin de Dieu mais tout proche de lui.
Dieu parle à notre coeur, et dans la prière nous nous mettons sous son regard. Notre prière reste toujours pauvre, nous nous tournons vers Dieu tels que nous sommes, avec ce qui est bon, mais aussi avec nos obscurités, nos contradictions intérieures, et même nos fautes.
Ainsi nous pouvons renouveler une intimité avec Dieu, même si dans notre prière il y a parfois plus de vide que de profonds sentiments. Nous ne sommes pas forcément appelés à avoir de longs moments de prière. Mais, d’une manière ou d’une autre, cherchons à nous tourner vers Dieu.
Et voilà que plus nous nous approchons de Dieu, plus nous nous approchons des autres.
A Taizé nous accueillons semaine après semaine tant de jeunes. Beaucoup se laissent travailler par une question : serons-nous parmi ceux qui dépassent des murs de haine ou d’indifférence ? Ces murs existent entre les peuples, les continents, mais aussi tout près de chacun de nous et jusque dans le cœur humain.
Les plus grands changements dans le monde se préparent d'abord en chacun, par un changement du cœur. Il importe alors de faire un choix : choisir l’espérance, choisir d’aimer.
Sur ce chemin nous allons de commencement en commencement. En persévérant nous découvrons toujours plus que, avant toute démarche de notre part, Dieu nous a choisis, chacune, chacun de nous. Il nous dit : « Ne crains pas, je t’ai appelé par ton nom, tu comptes beaucoup à mes yeux et je t’aime. »
Ce qui change le monde ce ne sont pas tellement des actions spectaculaires, mais bien davantage la persévérance quotidienne dans la bonté humaine.
Si, dans l’Église, nos groupes de jeunes, nos communautés et nos paroisses pouvaient être d’abord des lieux de bonté du cœur et de pardon ! C’est-à-dire des lieux où nous nous accueillons mutuellement, où nous cherchons toujours à nouveau à comprendre et à soutenir l’autre, des lieux où nous sommes attentifs aux plus faibles. Quelle joie cela donnerait ! Et quel ferment pour la paix dans nos sociétés !
La communion entre nous, les chrétiens, donne une crédibilité à l’Evangile, elle fait que la parole de Dieu est vivante et qu’elle parle aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui. Dans un monde où la violence et le désenchantement tentent de prendre le dessus, nous pouvons donner par notre communion un signe d’espérance, qui peut rayonner jusque dans les situations les plus difficiles.
Avec deux frères, j’étais récemment en Russie. La souffrance énorme de ce peuple tout au long du siècle passé marque encore la société. En Russie, j’ai compris ceci : ce qui a permis à beaucoup de résister et de traverser le pire, c’était leur foi en Dieu. Mais pour les croyants russes, la foi en Dieu est liée inséparablement à la confiance en la bonté humaine, l'espoir confiant que la bonté sera plus forte que le mal.
C’est cette confiance du cœur qui a aussi animé notre frère Roger jusqu’au dernier moment. Par là il nous a indiqué, à nous les frères, et à beaucoup d’autres, un chemin sur lequel nous pouvons avancer. C’est un chemin nouveau et pourtant ancien, puisque c’est le chemin de l’Evangile.
FRERE ALOIS
Une semaine dans un autre monde
De votre envoyé spécial à Taizé village , Florent Chauvin
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aizé fait souvent penser aux fantastiques rencontres européennes que l’on peut vivre comme celles de Lisbonne ou de Milan. Et pourtant à l’origine les jeunes venaient surtout au petit village(de Taizé ,bien entendu !) où je suis allé cet été passer une semaine et où vit la communauté depuis 50 ans environ. Me vient soudain cette pensée, comment décrire une semaine aussi intense et forte ??? Pour vous ,cher LR, j’ai donc extrait quelques passages(et changé quelques phrases) de mon carnet de bord de chaque jour là bas…
9 juillet – Grand jour du départ , je salue mon parrain qui m’a hébergé pour la nuit . La veille , j’ai reçu une mauvaise nouvelle : une de mes meilleures amies qui avait prévu de venir ne viendra pas … C’est donc avec un peu d’anxiété et de joie que je m’en vais. C’est un groupe formé en grande partie d’Aveyronnais qui vient me prendre pour y aller .(…) Direction Clermont-Ferrand, Vichy et Taizé !!!Après pas mal d’heures de routes , voilà enfin Taizé !! On nous accueille puis le soir nous décidons d’aller voir la finale de la coupe du monde à Macon . C’est la déception , on a perdu à un cheveu près . C’est pas grave, on ira féliciter les italiens à Taizé !!
10 juillet- Premier vrai jour à Taizé. Réveil à 7h puis départ pour la première prière de la journée à 8h30. La prière m’impressionne, c’est un « choc » qui fait du bien. Quand je ferme les yeux j’ai l’impression d’écouter un CD !!! Vers 10h , je me rends au thème que j’ai choisi pour la semaine : « Dieu vient à nous » . Un frère d’origine new-yorkaise présente Taizé d’une manière amusante et simple avec les règles de vie qu’il faut y adopter, chaque matin il fera une introduction biblique. Je rejoins mon petit groupe de partage formé d’un anglais , d’un suédois , de deux allemandes, de deux polonaises. Il est aisé de remarquer que je suis le seul français. Les présentations terminées , chacun va vaquer à ses occupations. La prière de midi se passe, ensuite, comme celle du matin. A 15h30, je re-rencontre mon petit groupe , une fille dit ce jour là une définition de Dieu magnifique !!Après le repas du soir, je me rends à la prière qui me « déconnecte » du monde et de ses soucis. (…)
11 juillet. A cause d’un réveil tardif (au son des cloches)j ’arrive avec un petit retard à l’église ,mais je réussis quand même à trouver une place correcte dans la grande église de Taizé. Il est vrai, que, quand j’arrive plus en avance, je prends ma place à mon endroit habituel. Ce jour là j’apprécie particulièrement « Dominus Spiritus est »et « Behute mitt Gott », des chants qui m’aident à prier. L’introduction biblique se passe très bien, le frère expliquant d’une manière simple et amusante l’Evangile. Notre petit groupe fait ,ce jour là, simplement une petit rencontre . Je profite du temps libre pour relire la Lettre Inachevée de Frère Roger. Je rencontre, et cela par le plus grand des hasard, deux françaises venant respectivement de Nice et Grenoble avec lequel finalement je discuterai pendant pratiquement toute la journée (on a bien rigolé aussi !).Les prières –midi et soir- complètent cette magnifique journée .
12 et 13 juillet- Encore une fois , les prières à Taizé sont indescriptibles . Tellement beau !!! Tellement simple !!! C’est vraiment merveilleux !!! Je vais ensuite à l’introduction biblique. Avant la prière de midi , je rencontre et discute avec des français venant des environs de Paris. Nous jouons ensuite ensemble. Pendant l’après-midi je décide d’aller à la crypte de Taizé et à la Source St Etienne, lieux calme pour permettre la méditation. Je me rends ensuite au rendez vous des français avec un frère Maxime . Je m’aperçois qu’il y a également des français venant d’Alsace . Frère Maxime en expliquant le but de la rencontre nous fait bien rigoler. Au goûter , je discute en particulier avec Lucile qui vient du Pas de Calais . Elle est très gentille et très attentionnée mais aussi avec d’autres français venant , eux, des environs de Lyon .
Le lendemain je fais la prière du soir avec eux , nous écoutons ensuite avec attention l’allocution hebdomadaire de Frère Alois(prieur de la communauté de Taizé) . Je reçois également le pardon .
Ces deux journées me mettent des images plein la tête et plein de joie dans le cœur.
14 juillet- Bonne fête la France !!Eh oui c’est la fête nationale aujourd’hui. Jérôme(un aveyronnais) voulait me réveiller avec la Marseillaise mais ce sont les cloches, une nouvelle fois, qui me réveillent. J’arrive « in extremis » à la prière. Comme chaque matin c’est merveilleux. Puis vient , après , comme d’habitude, le petit déjeuner Taizé . Ensuite j’ai le droit à l’introduction biblique avec Frère Hector . Je rencontre mon petit groupe de partage. Ce temps est très fort aussi ! Nous rions beaucoup (ce qui est signe ici de confiance et d’entente). (…) Je mange ensuite avec les lyonnais (de Caluire) qui se nomment Cécile , Cécile (encore) ,Laurence, Thomas et Enguerran. L’après midi je retrouve mon petit groupe de partage. C’est au goûter que je discute à nouveau avec Lucile, qui ,elle, reste un mois ici. Nous allons à un carrefour sur l’islam ensemble. (…) Le soir c’est une veillée pas comme les autres , car il s’agit d’une veillée autour de la croix. Durant cette veillée on vient, en effet, « déposer » ses fardeaux sur la croix. C’est un moment difficile qu’il faut malgré tout accepter de vivre. (…) Je discute ce soir là avec Frère Alois qui m’invite à manger avec les frères et donc lui même le lendemain. C’est avec plaisir que j’accepte.(…)
15 juillet- Dernier vrai jour à Taizé . Demain je m’en vais en Irlande. Je me lève en pensant déjà au repas avec les frères. Direction la prière qui se passe très bien . Elle est si mystérieuse, si belle !!! Je prends ensuite mon petit déjeuner avec les lyonnais puis me rends à l’introduction biblique. J’en profite pour discuter avec une personne qui a décidé de venir une dernière fois ici (elle fait ses adieux à Taizé) puisque qu’elle a changé de manière de penser sur Dieu . Je rencontre mon petit groupe de partage après l’introduction biblique . Nous échangeons nos adresses. Après la prière de midi , je vais au repas avec les frères . Frère Alois me sourit , je me sens reconnu mais c’est plus que ça. Je sens à ce moment l’ouverture des frères vers les autres. Ce repas, qui est un geste des frères ,m’a beaucoup touché. Notre petit groupe Aveyron-Lozère a , ensuite ,un petit temps de discussion avec Frère Maxime. Je retiendrais de ce temps le commentaire-entre autres- d’Audrey , la « chef » du groupe : « Super cool ».Notre petit groupe de partage se retrouve une dernière fois, on se serre fort les uns contre les autres Le soir , la veillée –prière est la plus belle selon moi . En effet ,la lumière de la résurrection d’abord au cœur de l’église se propage dans toute celle ci. Chacun porte sa petite bougie allumée signe qu’il est porteur de cette espérance.
16 juillet- Cette fois c’est le départ, le vrai . J’ai de la nostalgie à quitter ce magnifique endroit. Je profite de la dernière messe à fond . Je dis ensuite au revoir aux lyonnais , au groupe Aveyron-Lozère, même si j’en ai peu parlé, ils ont été super avec moi. Quelques parisiens prennent le train avec moi , je dis au revoir aux autres .Je prends donc d’abord le bus qui m’amène à la gare , puis je fais une dernière salutation à ceux qui prennent le train avec moi. Le TGV arrive , il vient de Genève. Arrivé à Paris , je redescends vite dans le monde(entendez, la réalité quotidienne) puisque j’emprunte le métro parisien. Le bus me transporte jusqu’à l’aéroport de Beauvais. Je m’étais jamais habitué à quitter mon pays si vite , ça fait bizarre… Mon avion, un Boeing 737-800, m’attend déjà pour partir là bas…en Irlande. Une autorisation de la tour à mon « Ryanair 29 Bravo Victor »,une grosse poussée des réacteurs puis me voici en l’air. Voilà déjà les cotes de la France qui s’éloignent… En ressassant mes souvenirs , je commence à me dire que l’avion me met en route vers de nouvelles aventures …
Que retenir de ce séjour à Taizé ? Je pense à ce mot « ouverture » . Taizé cultive en effet l’ouverture vers l’autre, vers Dieu au delà des préjugés et autres. C’est ce que j’ai retenu de plus important. Le reste , je le garde pour moi , une semaine à Taizé c’est si personnel , si indescriptible.
Chiffres :
Nombre de personnes présentes à Taizé cette semaine là : 3002(exactement !)de 40 nationalités différentes
70 frères présent (environ) pour 25 nationalités représentés Ça donne le tournis , non ??
Merci d’abord à Audrey de m’avoir permis de vivre cette semaine si forte. Merci au groupe Aveyron –Lozère pour sa sympathie et sa gentillesse .
Merci à mon super petit groupe de partage , merci à tous. Merci Lucile pour ta gentillesse et ton sens de l’écoute. T’es géniale ! Merci aux lyonnais, aux alsaciens, aux parisiens. Merci aux autres personnes rencontrées (particulièrement Lilli de l’Allemagne)pour leur bonté.
Merci à Cécile, Marie, Quentin de m’avoir soutenu dans l’idée de faire cette expérience. Merci à ma famille de m’avoir permis de la vivre.
Et UN GRAND MERCI à la communauté de Taizé pour tout…
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