Taizé Aveyron

 


Mardi 26 septembre 2006
Nouvelles de Taizé par e-mail
Taizé, 26 septembre 2006
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* Kolkata: du 5 au 9 octobre 2006
* Un jeune Coréen dans le Nord Est de l'Inde
* Visites aux États-Unis, en Russie et au Royaume-Uni
* Ici Zagreb!
* Des nouvelles de Bujumbura
* Jornada da confiança à Chapecó
* l'Islam au Bangladesh
* Prière
 
Kolkata: 5 au 9 octobre 2006
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- Un des frères écrit: Samedi et dimanche passés, j'étais dans quatre
endroits différents. Samedi soir: dans une pension pour des filles tenue
par une communauté de soeurs. Après notre rencontre, nous avons eu une
prière très simple. J'étais si étonné de voir avec quelle rapidité elles
avaient appris les chants! C'est le temps de la mousson, et il pleuvait
fort. Le silence était si profond dans la chapelle que nous n'entendions
que la pluie et le tonnerre. Dimanche matin: Paroisse de St Ignatius. Nous
avons invité la paroisse aux prières pendant la rencontre d'octobre. Elle
sera l'un des lieux d'accueil, aussi avons-nous encouragé les jeunes à
aider à accueillir ceux qui viendront. De là je suis allé à la paroisse
Stella Maris, qui est toute proche. Ils avaient une rencontre de jeunes et
je les ai encouragés à travailler ensemble avec leurs voisins de St
Ignatius. Le soir, encore une paroisse, St Mary's Ripon Street. Le curé,
Father Valerian, m'a accueilli très chaleureusement; il est fier que St
Mary's soit un lieu d'accueil. Il est très désireux que les familles
offrent l'hospitalité: Ces jeunes d'autres pays qui logeront dans les
familles seront bien sûr des hôtes. Comment les considérer comme membres de
la famille? Dimanche après-midi nous avons eu une réunion du groupe de ceux
qui seront responsables du lieu d'accueil. Nous avions espéré un maximum
d'environ 15 personnes, mais en fait nous étions près de 40, avec des
représentants de l'Église catholique, de l'Église de l'Inde du Nord et
d'Églises orthodoxes.
 
- Dimanche 24 septembre: rencontre pour les groupes principaux des lieux
d'accueil à Darhamtala; la rencontre d'octobre commence à prendre forme. Ce
week end, quelques jeunes d'autres pays arrivent - Thaïlande, Hongrie,
Roumanie, Espagne, Italie, Allemagne, France, Pologne - pour le programme
avant la rencontre dans le West Bengal.
 
Pour suivre la rencontre de Kolkata jour par jour:
«Pèlerinage de confiance à Kolkata»:
«Programme de la rencontre»: http://www.taize.fr/fr_article3937.html
«Kolkata: Jour par jour»: http://www.taize.fr/fr_article3938.html
«Méditations de frère Alois»: http://www.taize.fr/fr_article3935.html
 
Un jeune Coréen dans le Nord Est de l'Inde
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Jaesun a participé à la préparation en Inde en juillet - août. Il écrit:
Pendant le vol de retour vers Séoul, j'ai pensé aux personnes rencontrées
dans les villages des différents diocèses. Elles m'ont accueilli avec
tellement d'affection. j'ai pensé, aussi, aux yeux brillants de ces jeunes
hommes et femmes quand ils sont venus vers moi, me tendant leurs mains pour
me saluer. J'ai également songé aux jeunes aveugles que j'ai vus à
Guwahati. J'avais toujours en tête les chants que les jeunes postulants
rencontrés à Tezpur ont chanté pour me souhaiter la bienvenue. Les évêques
sont simples et humbles... les prêtres et les religieuses très engagés...
les personnes âgées dans les villages. Un père et deux enfants montant une
petite bicyclette ensemble sous la pluie... Un vieil homme poussant un
chariot surchargé de bambous... Les lépreux dans les rues de Calcutta..
Une vieille dame, ressemblant à ma mère, vendant du maïs cuit dans un four
à charbon...
 
Visites aux États-Unis, en Russie et au Royaume-Uni
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Des frères de la communauté feront des visites aux États-Unis pendant le
mois d'octobre. Les étapes principales de leur voyage seront Seattle WA,
Portland OU et Denver CO. À Denver, leur séjour inclura une rencontre pour
des jeunes - anglos et latinos - de diverses Église.
 
Un frère visite pour deux semaines Moscou et St Pétersbourg pour y
poursuivre les contacts avec l'Église Orthodoxe Russe.
 
Exeter, Birmingham, Durham et Sheffield sont parmi les lieux qu'un des
frères visitera du 9 au 18 octobre pour une série de rencontres et de
 
Jeudi 16 novembre 2006, à 20 heures, il y aura une prière du soir et une
veillée autour de la croix dans la cathédrale de Bradford; et samedi 18
novembre 2006, à 19 heures, il y aura une prière du soir et une veillée
autour de la croix dans l'Abbaye de Westminster, à Londres. Frère Alois de
Taizé et d'autres frères seront présents pour ces rencontres.
 
Ici Zagreb!
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- La rencontre européenne de Zagreb aura lieu du 28 décembre 2006 au 1er
janvier 2007. l'équipe de préparation vient d'arriver dans la ville: des
frères, des soeurs de Saint André et des jeunes volontaires de Taizé. Ils
sont rejoints par des jeunes de la ville.
 
- «Après les rencontres européennes de Milan, Budapest ou Paris, nous nous
sommes demandés entre nous: «Est-ce que quelque chose d'aussi vaste et beau
pourrait arriver dans notre ville un beau jour?» De nombreux doutes et
questions ont surgi. Comment cela pourrait-il avoir lieu dans un si petit
pays tel que la Croatie? 4,5 millions d'habitants, c'est à peu près la
population de certaines des plus grandes villes européennes. Et nous sommes
un pays indépendant depuis si peu de temps. Ici, qui pense à s'ouvrir à
d'autres? Au pardon et à la réconciliation? Maintenant, si peu après la fin
de la guerre? Et puis, c'est venu! Le 31 décembre 2005, pendant la
rencontre européenne de Milan: «La prochaine rencontre européenne aura lieu
à Zagreb!» Nous osions à peine le croire!»
 
«Rencontre de Zagreb: Informations pratiques»:
«Belgique: Personnes de contact»: http://www.taize.fr/fr_article3880.html
«France: Personnes de contact»: http://www.taize.fr/fr_article3519.html
 
Des nouvelles de Bujumbura
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Très chers amis de Taizé, je vous salue! c'est du côté du Burundi, en
Afrique, précisément de Bujumbura, que je vous adresse mes salutations de
paix et d'amour. c'est au nom du groupe de Mont Sion Gikungu (ainsi
s'appelle l'église où ce groupe est né) que je vous parle. En effet, chers
amis de Taizé, votre prière de réconciliation a porté ses fruits jusqu'ici
chez nous grâce à un prêtre chilien qui, avant son arrivée dans notre pays,
avait fait un saut chez vous et avait été touché par vos activités:
prières, rencontres... c'est ainsi que ce groupe a commencé. «Je vous
laisse la paix, je vous donne ma paix.» c'est de cette paix du coeur que
les Burundais ont une grande soif. Et d'ailleurs je peux dire que ce groupe
est né au juste moment. Les prières se déroulent telles que vous les faites
pour donner la place à l'unité... La particularité est que nous chantons
dans notre langue maternelle; nous avons pu traduire les chants en kirundi.
 
Jornada da confiança à Chapecó
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Un des frères écrit de Chapecó: c'est loin du lieu où nous habitons dans la
Bahia, environ de 3 000 km, mais le contraste culturel semble encore plus
grand! Tant de choses rappellent l'Allemagne ou l'Italie; il y a même des
personnes de lointaine origine polonaise. Et toutes parlent portugais!
L'agriculture est très soignée, avec beaucoup de petites fermes. Mais il y
a aussi quelques similitudes avec la Bahia: les gens sont très
accueillants! Beaucoup sont touchés que ce groupe de jeunes soit venu
jusqu'ici pour être avec eux, pour partager et prier avec eux. La
préparation de cette Jornada est différente des autres. On a décidé que
nous devrions d'abord visiter les villes autour de Chapecó, et certaines
sont à 200 km. Ainsi la majeure partie de notre groupe s'est divisée en
deux équipes et depuis mi-juillet nous visitons différentes réalités de la
région. La situation de l'Église et particulièrement des jeunes est
intéressante. Bon nombre d'entre eux sont engagés dans les communautés
chrétiennes, et tous le sont dans les associations sociales. La conscience
sociale de l'Église est visible, ainsi que la lutte pour la justice,
l'égalité des droits pour les Indiens, les femmes, contre la corruption
dans la politique... Ils sont si engagés que peut-être ils manquent de
temps pour la prière et la méditation, ainsi nos visites, et
particulièrement les prières, sont chaleureusement accueillies et beaucoup
 
l'Islam au Bangladesh
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Cet été, un des frères qui vivent au Bangladesh a partagé avec les frères à
Taizé son expérience des années passées dans le monde musulman: Je vis
depuis 30 ans dans le monde musulman. Le Bangladesh est un pays musulman,
c'est le troisième pays musulman du monde. Le premier est l'Indonésie, le
second est l'Inde et en troisième vient le Bangladesh bien qu'il soit en
train d'être rattrapé par le Pakistan quant au nombre de musulmans: 130
millions. Le Bangladesh apparaît beaucoup plus qu'au début comme un pays
musulman. Quand nous sommes arrivés, on n'avait pas du tout cette
impression. En 1975 on sortait de la guerre d'indépendance avec le
Pakistan, cette partie de l'empire indien à majorité musulmane qui s'était
séparée de l'Inde. c'était une indépendance non pas pour des questions
religieuses ou territoriales mais linguistiques. La guerre d'indépendance a
été faite pour affirmer le droit de parler bengalais et non l'urdu qu'on
voulait imposer comme langue nationale. Le nationalisme bengalais est basé
 
Prière
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Jésus le Christ, Sauveur de toute vie, tu souffres avec ceux qui
connaissent l'épreuve et toujours tu accueilles qui dépose en toi ses
propres fardeaux.
 
 
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par jerome publié dans : Nouvelles de Taizé
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Jeudi 7 septembre 2006
Texte de l'homélie :

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, le Christ nous adresse un appel qui va droit à l’essentiel : notre relation avec Dieu ne se vit pas seulement avec des paroles ou quelques pratiques extérieures, mais elle engage tout notre être, Jésus dit : notre cœur.

Nous avons confiance dans le fait que l’Esprit Saint veut nous donner jour après jour un cœur qui écoute, qui est réceptif, qui se laisse toucher et transformer par Dieu. Un cœur qui n’est pas loin de Dieu mais tout proche de lui.

Dieu parle à notre coeur, et dans la prière nous nous mettons sous son regard. Notre prière reste toujours pauvre, nous nous tournons vers Dieu tels que nous sommes, avec ce qui est bon, mais aussi avec nos obscurités, nos contradictions intérieures, et même nos fautes.

Ainsi nous pouvons renouveler une intimité avec Dieu, même si dans notre prière il y a parfois plus de vide que de profonds sentiments. Nous ne sommes pas forcément appelés à avoir de longs moments de prière. Mais, d’une manière ou d’une autre, cherchons à nous tourner vers Dieu.

Et voilà que plus nous nous approchons de Dieu, plus nous nous approchons des autres.

A Taizé nous accueillons semaine après semaine tant de jeunes. Beaucoup se laissent travailler par une question : serons-nous parmi ceux qui dépassent des murs de haine ou d’indifférence ? Ces murs existent entre les peuples, les continents, mais aussi tout près de chacun de nous et jusque dans le cœur humain.

Les plus grands changements dans le monde se préparent d'abord en chacun, par un changement du cœur. Il importe alors de faire un choix : choisir l’espérance, choisir d’aimer.

Sur ce chemin nous allons de commencement en commencement. En persévérant nous découvrons toujours plus que, avant toute démarche de notre part, Dieu nous a choisis, chacune, chacun de nous. Il nous dit : « Ne crains pas, je t’ai appelé par ton nom, tu comptes beaucoup à mes yeux et je t’aime. »

Ce qui change le monde ce ne sont pas tellement des actions spectaculaires, mais bien davantage la persévérance quotidienne dans la bonté humaine.

Si, dans l’Église, nos groupes de jeunes, nos communautés et nos paroisses pouvaient être d’abord des lieux de bonté du cœur et de pardon ! C’est-à-dire des lieux où nous nous accueillons mutuellement, où nous cherchons toujours à nouveau à comprendre et à soutenir l’autre, des lieux où nous sommes attentifs aux plus faibles. Quelle joie cela donnerait ! Et quel ferment pour la paix dans nos sociétés !

La communion entre nous, les chrétiens, donne une crédibilité à l’Evangile, elle fait que la parole de Dieu est vivante et qu’elle parle aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui. Dans un monde où la violence et le désenchantement tentent de prendre le dessus, nous pouvons donner par notre communion un signe d’espérance, qui peut rayonner jusque dans les situations les plus difficiles.

Avec deux frères, j’étais récemment en Russie. La souffrance énorme de ce peuple tout au long du siècle passé marque encore la société. En Russie, j’ai compris ceci : ce qui a permis à beaucoup de résister et de traverser le pire, c’était leur foi en Dieu. Mais pour les croyants russes, la foi en Dieu est liée inséparablement à la confiance en la bonté humaine, l'espoir confiant que la bonté sera plus forte que le mal.

C’est cette confiance du cœur qui a aussi animé notre frère Roger jusqu’au dernier moment. Par là il nous a indiqué, à nous les frères, et à beaucoup d’autres, un chemin sur lequel nous pouvons avancer. C’est un chemin nouveau et pourtant ancien, puisque c’est le chemin de l’Evangile.

 

FRERE ALOIS

par jerome publié dans : Nouvelles de Taizé
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Samedi 26 août 2006

2 articles trouvé dans la revue ZENIT ,  qui reprends les textes du Vatican/      super site, connectez vous..   Jacques RODIER

 

 

 

 

1)   Entretien avec frère Alois, à un an de la mort de frère Roger de Taizé
L’héritage du fondateur est encore vivant

ROME, Mercredi 16 août 2006 (
ZENIT.org) – Le fondateur de la Communauté de Taizé a laissé « un héritage immense… Tout d’abord peut-être, l’importance de se convertir jour après jour à la confiance en Dieu ». A l’occasion du premier anniversaire de la mort de frère Roger de Taizé, nous reprenons ci-dessous un entretien accordé par le frère Alois, nouveau prieur de la communauté, à Daniele Zappalà, pour le quotidien italien www.avvenire.it (cf. Dimanche 13 août).

Frère Alois Löser, catholique, est devenu le prieur de la communauté œcuménique de Taizé après l’assassinat du fondateur, frère Roger Schutz, le 16 août 2005, par une personne souffrant d’un déséquilibre psychique, au cours de la prière du soir. Il est né en Allemagne en 1954.

« Après la mort de frère Roger, raconte frère Alois, nous avons vraiment vécu une unité profonde entre nous et nous avons été surpris de retrouver ce quelque chose si bien décrit dans les Actes des Apôtres, où l’on parle des premiers chrétiens comme d’un seul cœur et d’une seule âme ».

Q : Peut-on parler du début d’une nouvelle saison pour Taizé ?

Fr. Alois : Absolument, car avec la disparition si tragique de frère Roger, tout a changé pour nous. Il n’est plus là et un an après nous sentons encore le vide. Mais dans le même temps, nous devons reconnaître que rien n’a changé car nous avons le sentiment de continuer à avancer sur le chemin évangélique qu’il nous a indiqué. Les jeunes continuent par ailleurs à vivre avec nous ce pèlerinage de confiance. Ceci indique clairement que frère Roger n’a pas attiré l’attention sur lui-même mais sur la présence du Christ, comme Jean-Baptiste. Nous sentons cette présence du Christ, et celle-ci nous permet d’aller de l’avant.

Q : Quels ont été les moments les plus intenses vécus ces derniers mois par la communauté ?

Fr. Alois : Tout d’abord la rencontre européenne à Milan. C’était la première rencontre sans frère Roger et l’accueil a été vraiment formidable. Dans les paroisses, dans les églises et dans le silence des temps de prière. Je me souviendrai en particulier de la bonté et du visage de Mgr Mario Spezzibottiani, qui est décédé depuis. Les personnes participaient avec une intensité plus grande que jamais et nous avons senti qu’elles voulaient poursuivre ce pèlerinage de confiance. Après la rencontre, j’ai pu avoir une audience privée avec le pape Benoît XVI. Le fait qu’il nous encourage à continuer à vivre avec l’héritage de frère Roger est merveilleux. Nous recevons depuis, encore plus de visites.

Q : Vous avez parlé d’un changement. Pouvez-vous nous expliquer dans quel sens ?

Fr. Alois : Nous le verrons à long terme. Pour le moment il y a encore énormément à faire pour continuer à explorer le chemin ouvert par frère Roger. Un exemple. Avant la Pentecôte je me trouvais avec deux frères à Moscou où nous avons été accueillis très chaleureusement par le patriarche Alexis II. Il nous a dit que nous devrions approfondir notre collaboration car de nombreux jeunes orthodoxes viennent à Taizé. J’ai pu constaté la confiance, exceptionnelle, que frère Roger a réussi à créer à travers plusieurs décennies de contacts. Ce n’est qu’un exemple. Il en est de même avec les rencontres de jeunes sur d’autres continents. En octobre, nous aurons une rencontre à Calcutta. Il y a un nombre assez important de jeunes indiens qui viennent ici et nous nous demandons comment créer une écoute entre les continents. La mondialisation existe mais de nouveaux murs se créent également entre les continents.

Q : L’œcuménisme – le chemin des chrétiens vers l’unité – apparaît comme une vaste frontière. Qu’en pensez-vous ?

Fr. Alois : Pour nous, la recherche de l’unité des chrétiens reste une passion. Nous nous demandons comment il est possible de parler d’un Dieu d’amour et de justifier en même temps nos séparations avec une telle énergie. Je crois que de nombreuses personnes éloignées de l’Eglise ne comprennent pas cela et nous devons tout faire pour rechercher cette unité. Il y a de nombreuses choses que nous pouvons faire mais nous que nous ne faisons pas suffisamment. Ici à Taizé nous nous réunissons trois fois par jour entre confessions différentes dans une prière commune autour de la parole de Dieu. Avec le chant des psaumes, le silence… Il s’agit d’une humble contribution mais je crois, d’une contribution concrète, pour avancer sur un chemin qui se révèle encore ardu aujourd’hui.

Q : Que cherchent les milliers de jeunes qui viennent chaque année à Taizé ?

Fr. Alois : Nous ne le savons pas et nous continuons nous aussi à nous le demander. Il y a certes la soif d’une vie spirituelle et nous voulons que les jeunes trouvent dans l’Eglise cette source de la présence de Dieu. Les rencontres internationales permettent une expérience d’Eglise qui encourage ensuite à retourner dans les paroisses, dans son propre environnement local. Nous disons à tous les jeunes que nous ne voulons pas créer un mouvement de Taizé. Une personne qui vient d’Italie ne peut pas avoir sa communauté stable à Taizé. Il est nécessaire d’avoir des communautés locales et des paroisses. La paroisse restera importante car toutes les générations s’y retrouvent et l’on ne se choisit pas. Nous sommes ensemble dans l’Eglise parce que le Christ nous réunit et non parce que nous nous sommes choisis les uns les autres.

Q : Que restera-t-il du message et du charisme de frère Roger ?

Fr. Alois : Un héritage immense et encore vivant. Tout d’abord peut-être, l’importance de se convertir jour après jour à la confiance en Dieu. A partir de là de nombreuses choses deviennent possibles et Dieu nous montrera le chemin.
ZF06081609

 

 

 

 

 

 

 

 

2)      La mort de frère Roger : pourquoi ?
Réflexion de frère François, de Taizé

ROME, Dimanche 20 août 2006 (
ZENIT.org) – A l’occasion du premier anniversaire de la mort de frère Roger, assassiné le 16 août 2005, à Taizé, nous reprenons cette réflexion de frère François sur la mort du fondateur de la communauté œcuménique de Taizé (cf. www.taize.fr).

Dans beaucoup de messages que nous avons reçus l’an dernier, la mort de frère Roger a été comparée à celle de Martin Luther King, de Mgr Romero ou de Gandhi. Toutefois, on ne peut pas nier qu’il y ait aussi une différence. Car ceux-là se trouvaient dans un combat d’origine politique, idéologique, et ont été assassinés par des adversaires qui ne pouvaient pas supporter leur opinion et leur influence.

Certains diront qu’il est vain de chercher une explication à l’assassinat de frère Roger. Le mal déjoue toujours toute explication. Un juste de l’Ancien Testament disait qu’on le haïssait « sans raison », et saint Jean a mis cette même affirmation dans la bouche de Jésus : « Ils m’ont haï sans cause. »

Cependant, en côtoyant frère Roger, un aspect de sa personnalité m’a toujours frappé, et je me demande si cela n’explique pas pourquoi il a été visé. Frère Roger était un innocent. Non pas qu’il n’y aurait pas eu de fautes en lui. Mais l’innocent est quelqu’un pour qui les choses ont une évidence et une immédiateté qu’elles n’ont pas pour les autres. Pour l’innocent, la vérité est évidente. Elle ne dépend pas de raisonnements. Il la « voit » pour ainsi dire, et il a de la peine à se rendre compte que d’autres ont une approche plus laborieuse. Ce qu’il dit est pour lui simple et clair, et il s’étonne que d’autres ne le ressentent pas ainsi. On comprend aisément qu’il se trouve souvent désarmé ou se sent vulnérable. Pourtant, son innocence n’a en général rien de naïf. Pour lui, le réel n’a pas la même opacité que pour les autres. Il « voit à travers ».

Je prends l’exemple de l’unité des chrétiens. Pour frère Roger, il était évident que si cette unité était voulue par le Christ, elle devait pouvoir être vécue sans tarder. Les arguments qu’on lui opposait devaient lui paraître artificiels. Pour lui, l’unité des chrétiens était avant tout une question de réconciliation. Et dans le fond il avait raison, car, nous autres, nous nous demandons beaucoup trop peu si nous sommes prêts à payer le prix de cette unité. Une réconciliation qui ne nous touche pas dans notre chair mérite-t-elle encore son nom ?

On disait de lui qu’il n’avait pas de pensée théologique. Mais ne voyait-il pas beaucoup plus clair que ceux qui disaient cela ? Depuis des siècles, les chrétiens ont eu besoin de justifier leurs divisions. Ils ont artificiellement agrandi les oppositions. Sans s’en rendre compte, ils sont entrés dans un processus de rivalité et l’évidence de ce phénomène leur a échappé. Ils n’ont pas « vu à travers ». L’unité leur paraissait impossible.

Frère Roger était un homme réaliste. Il tenait compte de ce qui demeure irréalisable, surtout du point de vue institutionnel. Mais il ne pouvait pas s’arrêter la. Cette innocence lui donnait une force persuasive très particulière, une sorte de douceur qui jamais ne s’avouait vaincue. Jusqu’au bout, il a vu l’unité des chrétiens comme une question de réconciliation. Or la réconciliation est une démarche que chaque chrétien peut faire. Si tous la faisaient effectivement, l’unité serait toute proche.

Il y avait un autre domaine où cette approche de frère Roger était sensible et où l’on voyait peut-être encore mieux sa personnalité avec ce qu’elle avait de radical : tout ce qui pouvait jeter un doute sur l’amour de Dieu lui était insupportable. Ici, on touche à cette compréhension très immédiate des choses de Dieu. Ce n’était pas qu’il refusait de réfléchir, mais il ressentait très fortement en lui-même qu’un certain langage qui se veut juste – par exemple sur l’amour de Dieu – obscurcit en réalité ce que des gens non avertis attendent de cet amour.

Si frère Roger a beaucoup insisté sur la bonté profonde de l’être humain, c’est à voir dans la même lumière. Il ne se faisait pas d’illusion sur le mal. Il était plutôt vulnérable de nature. Mais il avait la certitude que si Dieu aime et pardonne, il refuse de revenir sur le mal. Tout vrai pardon éveille le fond du cœur humain, ce fond qui est fait pour
la bonté.

Paul Ricœur
a été frappé par cet accent sur la bonté. Il nous a dit un jour à Taizé qu’il voyait là le sens de la religion : « Libérer le fond de bonté des hommes, aller le chercher là où il est complètement enfoui. » Dans le passé, une certaine prédication chrétienne est sans cesse revenue sur la nature humaine foncièrement mauvaise. Elle le faisait pour garantir la pure gratuité du pardon. Mais elle a éloigné beaucoup de gens de la foi ; même s’ils entendaient parler de l’amour, ils avaient l’impression que cet amour gardait des réserves et que le pardon annoncé n’était pas total.

Le plus précieux de l’héritage de frère Roger se trouve peut-être là : ce sens de l’amour et du pardon, deux réalités qui avaient pour lui une évidence et qu’il saisissait avec une immédiateté qui nous échappait souvent. Dans ce domaine, il était vraiment l’innocent, toujours simple, désarmé, lisant dans le cœur des autres, capable d’une extrême confiance. Son très beau regard traduisait cela. S’il se sentait si bien avec les enfants, c’est que ceux-ci vivent les choses avec la même immédiateté ; ils ne peuvent se protéger et ils ne peuvent croire ce qui est compliqué ; leur cœur va droit à ce qui les touche.

Le doute n’était jamais absent chez frère Roger. C’est pour cela qu’il aimait les paroles : « Ne laisse pas mes ténèbres me parler ! » Car les ténèbres, c’étaient les insinuations du doute. Mais ce doute n’entamait pas l’évidence avec laquelle il ressentait l’amour de Dieu. Peut-être même ce doute réclamait-il un langage qui ne laisse subsister aucune ambiguïté. L’évidence dont je parle ne se situait pas au niveau intellectuel, mais plus profondément, au niveau du cœur. Et comme tout ce qui ne peut pas être protégé par des raisonnements forts ou des certitudes bien bâties, cette évidence était nécessairement fragile.

Dans les Évangiles, la simplicité de Jésus dérange. Certains auditeurs se sont sentis mis en question. C’était comme si les pensées de leur cœur étaient dévoilées. Le langage clair de Jésus et sa façon de lire dans les cœurs constituaient pour eux une menace. Un homme qui ne se laisse pas enfermer dans les conflits, apparaît dangereux à certains. Cet homme fascine, mais la fascination peut facilement devenir hostilité.

Frère Roger a sûrement fasciné par son innocence, sa perception immédiate, son regard. Et je pense qu’il a vu dans les yeux de certains que la fascination pouvait se transformer en méfiance ou en agressivité. Pour quelqu’un qui porte en soi des conflits insolubles, cette innocence a dû devenir insupportable. Alors il ne suffisait pas d’insulter cette innocence. Il fallait l’éliminer. Le docteur Bernard de Senarclens a écrit : « Si la lumière est trop vive, et je pense que ce qui émanait de frère Roger pouvait éblouir, cela n’est pas toujours facile à supporter. Alors ne reste que la solution d’éteindre cette source lumineuse en la supprimant. »

J’ai voulu écrire cette réflexion, car elle permet de faire ressortir un aspect de l’unité de la vie de frère Roger. Sa mort a mystérieusement mis un sceau sur ce qu’il a toujours été. Car il n’a pas été tué pour une cause qu’il défendait. Il a été tué à cause de ce qu’il était.

Frère François, de Taizé

par Jacques Rodier publié dans : Nouvelles de Taizé
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Taizé Lozère

INVITATION :

 

la priére de Taizé en lozere est a Mende  le   samedi 19 janvier  à 20h 30   à Marvejols

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- la rencontre de Genève à  NOEL,

 à la cité paroissiale.

 Venez nombreux.                  MerciPère Jacques Rodier

 

 

 

 

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